{"id":4572,"date":"2008-11-13T21:33:20","date_gmt":"2008-11-13T21:33:20","guid":{"rendered":"http:\/\/corbeilessonnes.unblog.fr\/2008\/11\/13\/nouvelle-categorie-sur-le-blog\/"},"modified":"2014-10-26T19:14:35","modified_gmt":"2014-10-26T18:14:35","slug":"nouvelle-categorie-sur-le-blog","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog-corbeil-essonnes.fr\/WordPress3\/2008\/11\/13\/nouvelle-categorie-sur-le-blog\/","title":{"rendered":"Jean-Luc M\u00e9lenchon, f\u00e2ch\u00e9 tout rouge"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><span style=\"font-weight: bold; font-size: medium;\">Jean-Luc M\u00e9lenchon, f\u00e2ch\u00e9 tout rouge<\/span><\/p>\n<p>C&rsquo;est un peu de l&rsquo;histoire du PS des ann\u00e9es 1980 qui s&rsquo;en va avec le d\u00e9part de Jean-Luc M\u00e9lenchon. Le trublion, l&rsquo;ex-h\u00e9raut de la Gauche socialiste, a encore une fois ru\u00e9 dans les brancards. Celui dont on a tant de fois entendu les coups de gueule contre ce\u00a0<em>\u201cparti de notables\u201d<\/em> et ses\u00a0<em>\u201cd\u00e9rives droiti\u00e8res\u201d<\/em>, qui ne manquait pas une occasion de dire qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas de ces\u00a0<em>\u201cpremiers de la classe\u201d<\/em> qui composaient la direction du PS, ni de souligner leur\u00a0<em>\u201ccoupure avec le peuple de gauche\u201d<\/em>. Lui, il en venait du peuple.<\/p>\n<p><!--more--><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong><span style=\"color: #777777; font-family: Verdana; font-size: x-small;\">PARCOURS<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>1951 <\/strong>Naissance \u00e0 Tanger (Maroc).<\/p>\n<p><strong>1974 <\/strong>Naissance de sa fille.<\/p>\n<p><strong>1977 <\/strong>Adh\u00e9sion au Parti socialiste dans le Jura.<\/p>\n<p><strong>2000 <\/strong>Devient ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;enseignement professionnel.<\/p>\n<p><strong>2004 <\/strong>Annonce qu&rsquo;il fera campagne pour le non \u00e0 la Constitution europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong>2008 <\/strong>Apr\u00e8s le vote des militants en faveur de Mme Royal, annonce qu&rsquo;il quitte le PS.<\/p>\n<p>Il parle peu de Tanger, de cette enfance gaie au Maroc. Fils d&rsquo;un pied-noir t\u00e9l\u00e9graphiste et d&rsquo;une m\u00e8re institutrice, il se souvient de son d\u00e9part du pays en 1962. Sa faille fondatrice.<em> \u201cUn arrachement \u00e0 des odeurs, \u00e0 des paysages, une cohue\u201d<\/em> qui le mena \u00e0 Yvetot, dans le pays de Caux. Et au coll\u00e8ge priv\u00e9 d&rsquo;Elbeuf, o\u00f9 le jeune rapatri\u00e9 de 11 ans s&rsquo;est vu traiter comme un paria.\u00a0<em>\u201cJ&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 grandir en comprenant que la politique, c&rsquo;\u00e9tait tragique\u201d<\/em> raconte-t-il. De ces jours, il garde une volont\u00e9, celle de rester maitre de soi.\u00a0<em>\u201cJe suis un pied-noir qui rentre dans sa case o\u00f9 il y a de la douceur mais qui met son armure quand il ouvre sa porte.\u201d<\/em> La posture deviendra une habitude militante chez lui.<\/p>\n<p>Il a commenc\u00e9 jeune en politique. D&rsquo;abord \u00e0 20 ans, chez les trotskistes tendance Lambert, l&rsquo;Organisation communiste internationaliste (OCI). Mais il n&rsquo;y aime pas la discipline trop militaire. Il frappe alors \u00e0 la porte de la permanence du PS de Lons-le-Saunier (Jura). L&rsquo;\u00e9tudiant en philosophie, qui travaille comme correcteur pour payer ses \u00e9tudes et nourrir sa petite famille, raconte au responsable de la section son histoire de militant aguerri \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame gauche. L&rsquo;autre l&rsquo;\u00e9coute \u00e0 peine et lui dit simplement :<em> \u201cPrends le papier\u201d<\/em>, le bulletin d&rsquo;adh\u00e9sion. On avait besoin de bras dans cette f\u00e9d\u00e9ration ouvri\u00e8re et cela suffisait \u00e0 cet intello bosseur.<\/p>\n<p>Le jeune militant prend vite des responsabilit\u00e9s et se fait rep\u00e9rer \u00e0 27 ans par Claude Germont, maire de Massy, qui en fait son directeur de cabinet. Il ne bougera plus de l&rsquo;Essonne et collectionnera les mandats : conseiller municipal, conseiller g\u00e9n\u00e9ral, adjoint au maire et enfin s\u00e9nateur en 1986. Il l&rsquo;est encore, jusqu&rsquo;en 2010.<\/p>\n<p>De ses trente ann\u00e9es socialistes, il reste sans rancoeur, gardant des mots affectueux pour Fran\u00e7ois Mitterrand &#8211;<em> \u201cIl faisait l&rsquo;histoire et j&rsquo;ai appris comme un fou en le regardant faire\u201d<\/em> &#8211; ou Lionel Jospin. Le gauchiste a \u00e9t\u00e9 un mitterrandiste convaincu et un soutien sans faille au gouvernement Jospin, au grand dam alors de ses amis de la Gauche socialiste. Le cabotin \u00e9tait devenu ministre de l&rsquo;enseignement professionnel et voulait marquer son passage \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation nationale. Il y r\u00e9ussira en laissant une r\u00e9forme des CAP, la cr\u00e9ation de la validation des acquis de l&rsquo;exp\u00e9rience ou du lyc\u00e9e des m\u00e9tiers.<\/p>\n<p>Mais il ne veut plus de cette\u00a0<em>\u201cstructure inhumaine\u201d<\/em> qu&rsquo;est le PS, o\u00f9 les plans de carri\u00e8re comptent plus que les amiti\u00e9s. Jean-Luc M\u00e9lenchon est un affectif, malheureux dans un PS o\u00f9 la camaraderie n&rsquo;est plus de mise.\u00a0<em>\u201cC&rsquo;est un homme de<\/em> <em>pol\u00e9mique, cultiv\u00e9<\/em>,\u00a0<em>qui ne supporte pas l&rsquo;indiff\u00e9rence vis-\u00e0-vis des id\u00e9es. Comme un cuisinier qui passe trois heures \u00e0 mijoter un plat que ses invit\u00e9s engloutissent sans mot dire\u201d<\/em>, glisse Laurence Rossignol, porte-parole de Martine Aubry.\u00a0<em>\u201cC&rsquo;\u00e9tait inscrit. Jean-Luc a constat\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;avait plus sa place. Mais il n&rsquo;en a pas plus \u00e0 gauche du PS o\u00f9 tr\u00f4ne Besancenot\u201d<\/em> pr\u00e9vient Fran\u00e7ois Hollande. Lui pourtant y croit.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 ce jeudi 6 novembre, o\u00f9 il a annonc\u00e9 son d\u00e9part apr\u00e8s les r\u00e9sultats du vote donnant la motion de S\u00e9gol\u00e8ne Royal en t\u00eate, peu de monde croyait \u00e0 ses intentions de partir. La preuve, on avait vu, une fois encore, \u201cM\u00e9luche\u201d, comme l&rsquo;appellent ses camarades, se battre derri\u00e8re Beno\u00eet Hamon et Henri Emmanuelli, jurer que rien n&rsquo;\u00e9tait perdu, du moment que S\u00e9gol\u00e8ne Royal ne l&#8217;emportait pas. Il avait beau s&rsquo;y \u00eatre pr\u00e9par\u00e9, avoir discut\u00e9 \u00e2prement avec ses troupes de sa sortie, le s\u00e9nateur de l&rsquo;Essonne a accus\u00e9 le coup. Une vid\u00e9o diffus\u00e9e sur Teletoc.net le saisit cette nuit du vote des militants socialistes :\u00a0<em>\u201cPour moi, \u00e7a suffit comme \u00e7a. Je tourne la page\u201d<\/em>, lance un M\u00e9lenchon \u00e0 la mine d\u00e9faite. L&rsquo;oeil bleu qui d&rsquo;habitude s&rsquo;anime quand il \u00e9voque ses combats, reste las.<\/p>\n<p>Il avait pourtant tent\u00e9 de changer le cours interne des d\u00e9bats. Depuis un certain 11 d\u00e9cembre 2004, o\u00f9 le PS adoptait majoritairement le oui \u00e0 la Constitution europ\u00e9enne, la cassure \u00e9tait b\u00e9ante. L&rsquo;opposant avait annonc\u00e9 qu&rsquo;il voterait non et ferait campagne publiquement en ce sens. Et il s&rsquo;\u00e9tait senti revivre. Enfin, il pouvait montrer de quoi il est capable, lui que son parti \u00e0 toujours confin\u00e9 dans le r\u00f4le de l&rsquo;opposant qu&rsquo;on aime bien mais qu&rsquo;on n&rsquo;\u00e9coute gu\u00e8re.<\/p>\n<p>Il avait encha\u00een\u00e9 les meetings aux c\u00f4t\u00e9s de Marie-George Buffet, de Jos\u00e9 Bov\u00e9 et autres t\u00e9nors du non de gauche et avec ses accents jauressiens, un rien d\u00e9cal\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses camarades, il faisait mouche. Un socialiste, un vrai, venu en renfort de la gauche radicale,\u00a0<em>\u201c\u00e7a cr\u00e9dibilisait tout d&rsquo;un coup la campagne, et le public affluait\u201d<\/em>, se souvient Eric Coquerel, animateur du petit groupe r\u00e9publicain Mars.<\/p>\n<p>M\u00e9lenchon y prend un plaisir \u00e9vident.\u00a0<em>\u201cIl d\u00e9couvre une autre famille, chez qui il est tr\u00e8s applaudi, alors que la sienne ne l&rsquo;aime plus\u201d<\/em>, remarque son ancien ami et alli\u00e9, le d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;Essonne Julien Dray.\u00a0<em>\u201cIl a retrouv\u00e9 l&rsquo;enthousiasme militant. \u00c7a l&rsquo;a chang\u00e9\u201d<\/em>, insiste son bras droit, Fran\u00e7ois Delapierre. A la F\u00eate de<em> L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em> en 2006, en regardant ses camarades d&rsquo;estrade venus d&rsquo;horizons divers, Jean-Luc M\u00e9lenchon ose m\u00eame cette sortie :\u00a0<em>\u201cOn va bien ensemble\u2026 On ferait une belle direction d&rsquo;un parti.\u201d<\/em> L&rsquo;id\u00e9e de fonder un\u00a0<em>\u201cparti de la gauche\u201d<\/em> a d\u00e9j\u00e0 germ\u00e9 dans sa t\u00eate. Comme l&rsquo;a fait son ami Oskar Lafontaine en Allemagne, avec Die Linke.<\/p>\n<p>Un parti o\u00f9 il sentirait \u00e0 nouveau une envie. Plus un PS qui, selon lui, suit une\u00a0<em>\u201cd\u00e9rive sociale-lib\u00e9rale\u201d<\/em>, o\u00f9 il a connu ses plus grands moments de solitude. Comme lors de la pr\u00e9sidentielle, o\u00f9 il n&rsquo;avait pu faire campagne, sid\u00e9r\u00e9 par les discours de S\u00e9gol\u00e8ne Royal sur les centres ferm\u00e9s, la suspension des allocations familiales pour les parents d\u00e9faillants ou encore son slogan \u00e9tendard de l&rsquo;ordre juste.<\/p>\n<p>La rh\u00e9torique socialiste \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9ment trop loin de celle qui l&rsquo;avait fait adh\u00e9rer en 1977. A 57 ans, M\u00e9lenchon est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 la retrouver avec son ami Marc Dolez, d\u00e9put\u00e9 du Nord. Mais dehors. Et quand on l&rsquo;interroge pour savoir s&rsquo;il n&rsquo;a pas peur de finir isol\u00e9 comme Jean-Pierre Chev\u00e8nement, il r\u00e9pond :\u00a0<em>\u201cJe cr\u00e9e un parti, pas une assurance-vie.\u201d<\/em><\/p>\n<p><strong>Sylvia Zappi<\/strong><\/p>\n<div><strong><br \/>\n<\/strong><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Luc M\u00e9lenchon, f\u00e2ch\u00e9 tout rouge C&rsquo;est un peu de l&rsquo;histoire du PS des ann\u00e9es 1980 qui s&rsquo;en va avec le d\u00e9part de Jean-Luc M\u00e9lenchon. 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