Un historique de Corbeil-Essonnes

Cet historique se trouve aussi sur le blog de  génération citoyenne. J’ai fait ce texte pour cette association, et me suis donc permis de le ré-utiliser pour mon blog personnel.

A : Création et évolution
B : La “Cité usine”
C : La fusion de Corbeil et d’Essonnes
D : Quelques dates

C’est sa situation géographique au confluent de la Seine et de L’Essonne et La proximité de Paris qui a fait au fil des siècles de Corbeil, ville Royale et d’Essonnes,  ville ouvrière, la cité qu’elle est aujourd’hui : Corbeil-Essonnes.

 

A : Création et évolution

Les premières traces de vie à Corbeil-Essonnes remontent au paléolithique, soit 10 000 ans av. J-C, sur le site des Tarterêts. Il semble que la population était, à l’époque, composée de cultivateurs, d’éleveurs et d’artisans semi-nomades. La commune d’Essonne ( alors appelé Exona, nom qui viendrait de la rivière qui la traverse) se serait développée à la période de domination romaine de la Gaule. Les romains, pour construire des routes et des ponts dans la région, avaient besoin d’ouvriers qui s’installèrent  à Exona, bourg d’origine Gauloise.

Vers l’An 900, fut élevé au confluent de la Seine et de L’Essonne, certainement en même temps que le premier pont sur la Seine, un système de défense ( fortifications)  contre les Normands qui envahissaient le Nord de la France .
Les populations environnantes (vieux Corbeil sur la rive droite et Essonnes) vinrent se réfugier près de ce “château fort”  et constituèrent une bourgade commerçante qui prit le nom de Corbeil ( Corbilium).

Vers 911, le roi de France nomme un comte pour s’occuper du château-fort de Corbeil et de ses environs. Le premier comte dont on connaît le nom fut le comte Haymon en 946. Il fit construire l’église Saint-Spire qui  fut brûlée et reconstruite plusieurs fois dans les siècles qui suivirent, et un nouveau château. C’est autour de ces 2 bâtiments que la ville se développe. A partir du 11ème siècle,  la ville  se dote de nombreux vignobles et fait partie de ce qui, à l’époque, est appelé  “le plus grand vignoble d’occident” . Plusieurs quartiers de la ville en garderont comme traces, leur nom  (Bas-Vignon, Haut-Vignon). C’est à cette époque que fut construit le prieuré St Jean-Baptiste dit Saint-Jean de l’Ermitage.

Vers 1121, Suger, abbé de Saint-Denis est nommé à Corbeil. Il fait alors construire au  lieu-dit ” les champs” (où se  trouve alors une chapelle appelée “Notre-Dame”) un cloître, un réfectoire et un dortoir où seront envoyés 12 religieux, il acquiert au Sud de la ville des vignes et  fait construire 4 pressoirs ( origine du nom de Pressoir-Prompt).  Corbeil devint alors un des ports d’on dépend le ravitaillement de Paris. Les céréales de la Brie et de La Beauce, le vin, le bois, les matériaux de constructions ainsi que les produits des moulins (farine, tan, huile, papier) descendaient la Seine vers Paris en partant de Corbeil, ce qui lui donna un rôle économique important. Pour les transports, des bateaux à fond Plat du nom de “Corbeillard” étaient utilisés. Lorsque la peste frappa le pays ces bateaux furent employés pour le transport des morts et leur nom devint “Corbillard”.

Louis VI fit édifier une nouvelle forteresse plus importante que l’ancienne qu’il appela “château royal” de Corbeil, située environ sur l’emplacement actuel des grands moulins. Ce château devint une résidence royale et surtout  une résidence pour les reines veuves. La Reine Ingeburge de Danemark, veuve de Phillipe-Auguste, en 1233 fit construire, lorsqu’elle y séjourna, le prieuré des Hospitaliers de Saint-Jean-en-L’Isle (Musée Saint Jean).

Au 14 ème siècle, entre guerre, peste et famine Corbeil et Essonnes  subissent une grave diminution de leur population. Dès le retour de la paix, favorisée par sa situation, l’immigration venue de différentes provinces (surtout du Nord et de Bretagne) reprend. Outre les rivières et le fleuve, l’autre avantage de ces villes était la route royale qui traversait Essonnes et qui  favorisera son expansion : auberges, hôtelleries, relais de poste, et  industries encore artisanales jouent alors un rôle essentiel dans la vie de la cité. Au début du 16ème siècle la prospérité est revenue.


B: la “cité usine”

Pays d’abord agricole et commerçant connu pour ses oignons, ses pêches, et son miel, la ville va subir de grandes mutations  qui  vont en faire le centre industriel de la région. La ville fut à cette époque qualifiée de “cité usine” à cause de ses filatures, imprimeries et papeteries qui utilisent la force de l’eau.
L’eau tient  un rôle majeur dans l’histoire de la ville que ce soit pour le transport ou pour l’industrie.
Les moulins sont la meilleure illustration de l’utilisation de la force hydraulique dans la ville. La première trace retrouvée d’un moulin  remonte à un document de la prévôté en 1430, qui signale la reconstruction d’un moulin du 14 ème siècle sur Essonnes.

A partir du 16 éme siècle, de nombreux moulins vont s’installer sur les bord de l’Essonne. Les activités de ces moulins seront très variées, on y trouvera des étoffes, de la laine, des pièces de drap, du papier ou de la farine.

Mais Corbeil, c’est aussi de grosses filatures de coton, des tanneries, le début des imprimeries (création de la première machine à papier continu), une importante poudrerie, un atelier de monnayage et des “manufactures royales” ou l’on travaille  le fer, l’acier ou le fil de cuivre.

Une autre activité est très ancienne à Corbeil : c’est la batellerie comme l’atteste des lettres de Charles VII en 1415.

C’est donc sur ces bases que la ville va devenir un pôle industriel de premier ordre. En 1892 la ville possède  5 ports, le trafic annuel est de 22 600 tonnes.

C’est au milieu du 19éme siècle que la vie va vraiment changer dans les 2 villes. En 1840 la voie de chemin de fer reliant Corbeil à Paris est ouverte, la Seine est rendue navigable en toutes saisons. Ce contexte  va faire prospérer les industries qu’elles soient anciennes ou plus récentes. L’industrie de la métallurgie s’implante à Corbeil et Essonnes. Des entreprises dont les noms (Darblay, Doittau, Testut, Crété, Decauville) sont liés à l’histoire de la ville vont faire évoluer la démographie de Corbeil et d’Essonnes. A la fin du 19ème siècle se créent à Corbeil et à Essonnes (villes majoritairement ouvrières) des organisations syndicales. A partir du début du 20ème siècle les conflits du travail vont se multiplier : les ouvriers ne veulent pas uniquement de meilleurs salaires  mais exigent surtout de meilleures conditions de travail et la modification des règlements trop archaïques. La période 1905-1914 va être marquée par une rude offensive gouvernementale dirigée contre le syndicalisme : des troupes sont envoyées contre des grévistes dans plusieurs villes de France. En juin-juillet 1907 ce sont des grèves à Essonnes qui seront ainsi réprimées. La grève des papetiers d’Essonnes en mars 1907 aura un retentissement national.

L’évolution des 2 villes va alors être liée à celle du pays.

C: La fusion de Corbeil et d’Essonnes:

Comme l’histoire des 2 bourgs nous l’a montré, il fut de tout temps difficile de dissocier Corbeil et Essonnes. Pourtant, il a fallut de nombreuses années avant que les 2 villes n’en fassent plus qu’une. La première trace de cette volonté de fusion se trouve dans les cahiers de doléances des habitants de Corbeil en 1789. Depuis l’idée d’unir les 2 villes est plusieurs fois réapparue, mais ne s’est concrétisée qu’en 1951. En 1946 le préfet demande aux maires des deux communes de travailler sur la question de la fusion. A cette époque les villes comptent : Corbeil : 10.966 habitants sur 208 hectares et Essonnes : 10.032 habitants sur 899 hectares. Il faudra donc encore 5 ans pour que le projet se réalise.
La ville de Corbeil-Essonnes est  née officiellement le 9 Août 1951. (date de parution au journal officiel)

Évolution de la population de Corbeil-Essonnes depuis la fusion :

1954 : 22.891 habitants soit une augmentation de 8,27%
1962 : 26.596 habitants  augmentation de 16,18%
1968 : 32.196 habitants augmentation 21,04%
1975 : 38.745 habitants augmentation 21,6%
1982 : 37.768 habitants  diminution  2,5%
1990 : 40. 000 habitants augmentation
1999 : 39.851 diminution

L’augmentation rapide de la population  provoquera un sous-équipement de la ville, en 1960, soit un an après son élection, l’équipe de Roger  Combrisson en prend conscience et décide d’y remédier. La construction de logements, d’écoles,  d’équipements culturels, sportifs et de loisirs  sont mis en place pour répondre aux besoins de la ville et la moderniser.

D : Quelques dates importantes :

Les monuments que possédaient Corbeil et Essonnes ont presque tous disparus au cours des siècles :
Il y avait 12 églises il n’en reste que 3 : la cathédrale Saint-Spire, avec la porte de son cloître, l’église Saint-Etienne d’Essonnes, et l’église Saint-Jean-de-L’Isle connu aujourd’hui sous le nom de musée Saint Jean.

Aux cours des siècles de nombreuses constructions ont été réalisées sur notre commune :

950 : construction de l’église Saint-Spire.

1224 : construction de la commanderie Saint-Jean. 1875 : construction de la gendarmerie
1882 : construction de la Halle
1883 : inauguration de la prison
1887 : construction du palais de justice.

1906 : inauguration de l’Hôtel de ville de Corbeil
1914 : 1ère pierre de l’Hôtel de ville d’Essonnes.

1952 : création de l’office municipal des sports. 1955 : mise en service du nouveau pont de Corbeil
1958: ouverture du Lycée
1959: ouverture du centre de protection maternelle et infantile, construction du centre de loisirs de Robinson
1962: aménagement et agrandissement des Orres
1964: ouverture du conservatoire municipal de musique
1964: ouverture de la bibliothèque de lecture publique (ancien hôtel des arquebusiers), ouverture de la discothèque municipale (mairie annexe)
1965: ouverture de la Crèche Carnot rénovée en 1979
1966: ouverture du centre de santé
1966: construction de la MJC
Entre 1960 et 1967 construction de 3 gymnases dans les quartiers périphériques.
1967: ouverture de la piscine
1969: ouverture du centre pour myopathes du Petit-Tremblay. 1970: inauguration du CMPP  et inauguration de l’école d’infirmière.    1971 : construction du Palais des sports. 1972 : construction du second pont. 1973 : inauguration du Théâtre. 1974 : début de l’école multisports 1974 : premier tournoi de GRS. 1975-76 : construction de 3 gymnases supplémentaires. 1976 : mise en service du premier funérarium de France construit par une municipalité, ouverture de la crèche des Tarterêts
1979 : rénovation de la gare
1982 : construction du nouvel hôpital inauguré en 1985.1983 : mise en service d’un bibliobus. 1985 : construction de la Médiathèque, inauguration en 1988. 1987 : inauguration du 1er ludoparc du département
1993 : création des garde villes. 1994 : début de l’opération programmé de l’amélioration de l’habitat ( O.P.A.H). 1994 : ouverture de l’école “l’indienne” . 1994 : ouverture de la  maison Jean Jaurès pour les personnes âgées. 2000 : inauguration de “La Péniche”
2001 : inauguration de la crèche “le petit poucet” en remplacement de l’ancienne crèche Carnot

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