23 juin 2024

Faits divers ou société à la dérive

Les dernières semaines furent pour les habitants du quartier des Tarterêts plus que difficiles. Tous les jours une dizaine de cars de CRS attendent en bordure du quartier, tous les jours ils vivent en se demandant ce qui se passe réellement dans leur cité. Je ne veux pas parler là des faits apparents, voitures brûlées, violences, mais de la ou des raisons plus profondes de tous ces évènements. Bien sûr chacun d’entre eux à sa petite idée, mais peu d’informations circulent.

Hier, je discutais avec des habitants de ce quartier et c’est bien ce dont ils m’ont parlé. Quand il y a quelques temps d’autres incidents ont eu lieu, ils n’ont pu en parler avec personne, n’ont rien su  des causes et des réflexions qui ont suivis. Mais ils m’ont aussi parlé de leurs conditions de vie, de jeunes sans espoir, de stigmatisation et de discrimination à l’embauche liée au lieu d’habitation. Ils veulent s’investir et dialoguer, participer aux réflexions sur leur quartier, être acteur de leur propre vie. Mais jusqu’ici n’ont pas senti de la part des institutions un engagement dans ce sens à hauteur de leurs attentes.

Aujourd’hui, Monsieur Bechter réunit les associations du quartier des Tarterêts pour discuter de la situation, je dirais : enfin ! Mais est-ce suffisant ? N’est il pas temps de mettre autour de la table toutes les institutions : Conseil général, Conseil régional, Mairie, parlementaires, bailleurs sociaux, associations  et j’en oublie peut-être. N’est il pas temps de parler d’autres choses que de simples pansements sur un problème plus profond. Je trouve toutefois très dommage que toutes les associations du quartier n’aient pas été invité, certaines très actives et touchant un large public auraient pu être très utiles face à ces évènements, mais il semble que pour le maire cela n’est pas une évidence.

Bien sûr, localement il faut agir, mais on ne peut se cacher que ces problèmes ont une base plus profonde, aggravés dans cette ville par la présence d’un symbole du capitalisme.

Ce capitalisme qui sévit partout sur notre planète et qui aujourd’hui est contesté par beaucoup. En Espagne, en Grèce ou ailleurs en Europe des voix s’élèvent pour dire stop à une société qui marche sur la tête, une société ou l’actionnaire fait de l’argent sur le dos du pauvre travailleur sous payé et épuisé.

Et c’est bien ce que constate la jeunesse des quartiers. Ils voient leurs parents s’ épuiser pour ramener des salaires de misère, rêvent de s’acheter tous ces produits que la publicité leur met sous le nez à longueur de journée. Ces objets que d’autres s’achètent sans avoir d’efforts à fournir, quand pour d’autres il faudrait se tuer aux travail. Pour les jeunes des quartiers dit populaires c’est dès la naissance que les dés sont pipés.

C’est bien dans un quartier ou la population est socialement défavorisée que  se produisent ces évènements violents. Dans un quartier ou le taux de chômage est supérieur a celui des centres villes. Une société qui ne s’attaque pas aux racines de la violence qu’elle engendre, n’est pas une société qui avance et qui se construit, c’est au contraire une société qui se détruit, qui laisse le mal la ronger de l’intérieur comme un termite qui rongerait le bois, pendant longtemps rien ne se voit puis un jour c’est l’explosion.

Ce n’est pas de mesurettes ou de pansements sur des plaies profondes dont la société a besoin, mais d’un changement radical d’orientation et de direction. Alors, loin de moi l’idée de trouver des excuses, mais bien des explications à ces faits pour espèrer un jour sortir de cette spirale, car comme me le disait un habitant du quartier des Tarterêts « la violence de la société à l’égard de certains ne peut que créer de la violence en retour. »

 

Une réflexion sur « Faits divers ou société à la dérive »

  1. J’apprécie que tu ne décrives pas les « fait divers » qui ont provoqué les « événements »… ça évitera à certains de dire que les TZ jouent sur la corde sensible avec la virtuosité de la victimisation… Par ailleurs, de ce genre de « faits divers », il y en a tellement aux TZ…
    Ce quartier est probablement plus destiné à tester les capacités de survie des gens que leur rendre la vie facile, ou réellement « assister » les plus fragiles.
    C’est un ghetto ! qui réuni, et subi, tout ce que la société rejette. Une poubelle sociale entretenue sciemment par le maire… auquel tu ne colles pas de majuscule, et comme je te comprends… car il n’a là qu’un rôle de directeur des poubelles : faut surtout pas que ça déborde, que ça ne dégouline pas, que ça ne pue pas trop… jusqu’au centre ville par exemple, du département, ou du pays…
    En ces jours sombres de néo-colonialisme, le populisme et le communautarisme font des ravages extravagants…
    Juste une histoire croustillante pour des bobos en mal d’imagination…
    La pantomime continue ! pendant qu’une petite princesse dort profondément… Elle aussi n’a eu que le tord de se trouver là, comme tant d’autres !
    Courage Camarade !

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