16 juillet 2024

Quand le logement est en crise, notre modèle républicain vacille

Pour la majorité de la population la principale dépense chaque mois concerne le logement. Cela pourrait s’entendre si cette dépense ne représentait pas un pourcentage exorbitant de leurs ressources mensuelles.

Cette situation est d’autant plus révoltante que l’augmentation de cette part des dépenses des familles a énormément progressée en 25 ans  et que cette progression a été plus forte chez les plus modestes des ménages. En effet, la part  représentée par cette dépense pour les foyers pauvres et modestes a doublée sur cette période et atteint presque 50% des ressources. Pour les classes moyennes  et moyennes supérieures elle a  sur cette même période augmentée de 25 %,  atteignant près de 40 %, rendant souvent là aussi les fins de mois plus difficiles. A contrario, les ménages les plus favorisés, aisés et hauts revenus subissaient une augmentation de moins de 10%, la part pour ces personnes reste donc à moins de 30% des ressources.

Ont connait bien sûr la situation de l’emploi en France dans la même période, et l’augmentation du nombre de chômeurs, mais aussi du nombre de précaires ( temps partiel imposé, chômage partiel, missions d’intérim discontinues..) et l’on peut facilement comprendre que dans ces situations précises cela crée des difficultés dans le paiement des dépenses liées au logement.

Ainsi de nombreux foyers économisent sur l’énergie pour dépenser moins, ils vivent ainsi dans des logements mal chauffés,  préférant cette solution car ils ont peur de l’expulsion.

La dépense n’est pas le seul problème du logement en France bien sûr, la crise du logement c’est aussi le manque de logements sociaux , la difficulté à changer de logement lorsque cela devient nécessaire. Ce manque est cause de surpeuplement, les familles s’agrandissent mais ne trouvent pas d’appartement plus grand de vacant. Ce manque de logement est aussi très cruel pour les familles séparées, les  parents  pour recevoir leurs enfants ont besoin d’un logement adapté, mais l’un d’entre eux est considéré comme seul et se voit proposer un logement trop petit créant ainsi des cassures supplémentaires dans la vie familiale.

La moindre modification de la situation de vie, décès d’un membre de la famille, séparation, perte d’emploi met ainsi un foyer en grande difficulté. Vivre sur le fil du rasoir, avoir toujours peur du lendemain, notre république  si l’on en croit le préambule de la constitution de 1946 : « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. « , il semble que cela n’est pas le cas ainsi, quelles conditions d’apprentissage pour un enfant qui vit le surpeuplement, dont le logement est mal ou non chauffé ou tout simplement qui ressent le stress permanent de ses parents.  Ou encore , comment peut on vivre en bonne santé si on rogne sur l’alimentation ou le chauffage pour payer son logement . La nation française ne répond pas à ses principes républicains.

Bien sûr je ne peux pas parler du logement sans parler de ceux qui n’en ont pas. En France le mal logement s’est énormément développé ces dix dernières années, il y a environ 133 000 sans abris, auxquels on peut ajouter près de 700 000 privés de domicile ( personnes hébergées par des tiers, en chambre d’hôtel..) , on peut par ailleurs facilement constater que le public touché par ces problèmes n’est pas constitué uniquement de chômeurs, le nombre de travailleurs pauvres augmente perpétuellement.

L’illustration de cela, c’est bien sûr ces personnes sur les trottoirs de nos villes, mais aussi le fleurissement de bidonvilles en périphérie des communes .

Las associations et les services d’urgences sont débordés, le 115 ne peut répondre au nombre de demandes et trop peu de centres sont prévus pour les femmes seules dans notre pays.

Tous cela développe l’insécurité sociale et les diverses situations qu’il en découle. Alors il est temps aujourd’hui de dire stop  et de proposer des solutions concrètes à ces problèmes .

Il faut mettre en place un plan d’urgence pour le logement en faisant du logement une priorité nationale, en luttant  contre l’habitat indigne.

Construire plus de logements sociaux, mais construire mieux aussi, et reconnaître le logement social comme logement universel accessible à tous.

Il faut décider que la part des loyers et des charges ne peut excéder 20 % des revenus d’un foyer.

Ces mesures font parties du programme du front de gauche  et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, que je soutiens .

vous pouvez télécharger ce programme en PDF 

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